Le Fantastique Collectif présente…

« Tu n’as rien vu à Fukushima  » de Daniel de Roulet

Synopsis: Un acteur jouera le personnage « Daniel de Roulet » lui-même. Il soliloquera dans la salle et plus précisément sur un petit espace scénique représentant son bureau de travail : une table une chaise, des livres, un ordinateur portable, une lampe de bureau. Il commencera la pièce de là et y terminera aussi. Tout ce qui se passera entre ces deux moments font partie d’une énorme digression désordonnée entre la frayeur de perdre un être aimé, les relents d’activismes, des anecdotes de conférencier international, et surtout un développé journalier des accidents successifs dans les centrales nucléaires de Fukushima.

Tu n’as rien vu à Fukushima

Spectacle de la nouvelle éponyme de Daniel de Roulet.

Le texte lui-même ne fait que sept page en caractère 12 : lu à haute voix et en continu, il ne fait que 30 minutes du spectacle. Combiné avec l’interprétation et des projections vidéo, il y aura 60 minutes de spectacle. Les arts visuels rendront des images du cheminement de la pensée de cet auteur, un homme dans un moment de stress face à une hypothétique disparition. Sans vouloir allonger la sauce il est nécessaire de rajouter de la matière visuelle pour toutes les références qui s’y trouvent.
En effet, il s’agit quand même d’une lettre faite d’un écrivain à un autre. Les arts visuels et numériques peuvent arriver à donner cette image du développement de la pensée de cet homme dans un moment de stress. Il a une culture scientifique et littéraire immense, il subit un choc émotionnel puissant pour une amie à cause du sujet de toutes ses luttes. Quel trouble !
Finalement, nous nous reconnaissons beaucoup en lui. A l’heure où l’ancienneté du cheptel des centrales nucléaires menace les états en étant dépendants et que les instances favorisent la prise de risque pour ne froisser aucun électorat ; à l’heure où l’ultralibéralisme et l’extrême-droite montent en puissance en Europe ; au récent anniversaire tragique de Fukushima et de Tchernobyl, succède le temps de mettre en place un réseau d’agoras sur ces thèmes.

Le théâtre peut être une agora, et l’a souvent été. Si je suis convaincu que ce texte est transposable sur scène, c’est à cause de cette autodérision qui transcende ce court manifeste. Il flirte avec une singulière incohérence dans l’ordre des propos. Ce défaut, contrôlé ou pas, par l’auteur, fait de ce manifeste un monologue très cohérent, très sensible et très chaleureux. Bref, un texte nécessaire.
Faut-il attendre les bonnes conjonctures pour parler ou reparler du nucléaire ? La très grande majorité des électeurs ne veulent pas du nucléaire, mais malgré tout ils en sont intimement dépendants. C’est une des plus grandes tragédies contemporaines. Comment ne pas s’en emparer, comment ne pas user des quelques courtes littératures dont nous disposons pour tenter d’influer un tout petit peu sur les apparentes convictions des politiques qui se substituent allègrement aux scientifiques pour dire qu’il n’y a qu’ un risque tellement infime qu’il ne devrait pas alimenter nos frayeurs les plus folles. Et, quoi ? 75 000 personnes sont tuées d’un coup à Hiroshima et 88000 à Nagazaki, pour une folie militaire. La folie économique, a contribué à la détection de 8000 cancers suite à l’accident de Tchernobyl. Récemment Fukushima a encore démontré la fragilité des discours rassurants des porte-paroles des états.

Ces simples exemples, ne suffisent-ils à pas à confondre les pro-nucléaires. Dans les années 80, on nous a soutenus que l’An 2000 amènerait des « solutions alternatives ». On est en 2017, et ces solutions existent, et pourtant… C’est exactement au moment où nous pouvions attendre un recul du nucléaire grâce aux avancées d’autres solutions que certains politiques défendent son intensification.
Les états seraient-ils assujettis aux lobbies de l’énergie, on n’en doute pas. Mais que feront- ils de leurs mensonges lorsque l’ « accident » ne laissera place qu’à des terrifiantes certitudes. Comment feront- ils pour regarder les dégâts sur leurs électeurs voire leurs proches. Certains détracteurs utilisent le mot « criminel », pouvons-nous leur donner tort?
Le spéctacle durera 60 minutes.

Dates de Spectacle

23 mars, 15:00

Bienne

21 avril, 15:00

Bruxelles

21 avril, 20:30

Bruxelles

26 avril, 13:45

Bulle

« Je pense parfois à ce menuisier juif qui rabotait des planches pour les
nazis et qui s’est retrouvé un jour au Struthof, enfermé dans un
baraquement dont il reconnut le bois. Nous sommes pris à notre
piège, nous avons collaboré à un système que nous savions porteur
d’une mort atroce et nous n’avons eu qu’un courage intermittent pour
nos propres idéaux. Je ne parle pas de renégats, mais de notre
indifférence à la marche du monde, de notre opportunisme
technologique. »

Fantastique Collectif

Collectif littéraire à tentations fantastiques, il reste ancré dans le drame au quotidien. Il défend une philosophie d’entraide et tente de rappeler les fondements de notre démocratie. Afin de « ne pas oublier », le collectif s’engage auprès d’organismes à connotations humanitaires. Militant pour des causes importantes, le ton que nous avons choisi est celui des écrits plutôt que des poings. Bien loin de se placer en censeur, il favorise plutôt le débat d’idées. C’est tout naturellement que nous nous rapprochons de la notion de Théâtre Populaire. Ouvrir les arts de la scène à un public de plus en plus large afin de s’en inspirer.

Le Fantastique Collectif adapte des textes témoignages  pour la scène. Nous travaillons « en ligne droite » essayant à tout instant de se débarrasser des anciennes contraintes pour en réinventer d’autres. La fantaisie et la simplicité, sont les lignes directrices de notre travail. Nous avons tout d’abord approché la littérature fantastique et nous avons très vite trouvé d’autres combustibles textuels.

Le Fantastique Collectif, essaie de rester le plus indépendant possible afin de préserver sa vision du métier et des opinions qui l’animent. Notre objectif est de proposer des spectacles pour un public large. Peut-être que notre démarche est discutable, mais le public, lui, identifie clairement nos messages, c’est le plus important. Nous tenons à préserver, une certaine pédagogie qui ne s’adresserait pas qu’aux enfants.

Tous les matins notre première pensée est celle-ci « Nous voilà encore au début de notre aventure ».